Bannière
Accueil Actus Chiffres clés de la coiffure 2013
Chiffres clés de la coiffure 2013

Avec un chiffre d’affaires estimé à près de 6 milliards d'euros (dernière Enquête annuelle d’entreprise 2007 : 5,67 M€), et quelques 76 536 activités (au 31 décembre 2011) réparties sur l’ensemble du territoire, les établissements de coiffure (qui représentent 72 570 entreprises) contribuent très largement au dynamisme du monde rural, à l’animation des centres-villes et quartiers périphériques des villes, tout en étant très présents dans les centres commerciaux. La coiffure représente l’une des activités commerciales les plus denses de notre pays avec 1,18 établissement pour 1 000 habitants, soit 1 activité pour 847 habitants en moyenne (sur la base d’une population française de 65 millions).

Depuis 3 ans, la croissance du secteur en nombre d’activités est très majoritairement imputable aux auto-entrepreneurs. Le fichier comptait en solde net au 31/12/2011 environ 9 769 auto-entrepreneurs, soit 12,7 % des activités.

 

Le secteur de la coiffure à domicile poursuit son développement quantitatif et compte environ 15 000 activités. Leur nombre a plus que doublé en 7 ans et représente près de 20 % du secteur en nombre, pour un CA modeste estimé à 5% du CA global du secteur.

NB : cette analyse porte sur les établissements exerçant leur activité sous le code d’activité coiffure uniquement.

L’activité de coiffure à domicile a véritablement explosé ces dernières années, le nombre d’activité ayant effectivement doublé en 10 ans. L’arrivée du nouveau régime de l’auto-entreprenariat au 1er janvier 2009 a eu une emprise considérable sur la création en coiffure en général et à domicile en particulier : 52,7 % des créations pures ont opté pour ce régime en 2011, ce chiffre reste élevé malgré un léger infléchissement.

Mais attention, s'il est facile de s'installer à domicile (investissement peu coûteux, qualification exigée moindre qu’en salon...), il n’est pas si évident d'en vivre : le challenge de taille étant de trouver une clientèle pérenne et suffisante sur une zone de chalandise près de chez soi !

Le nombre d’auto-entrepreneurs dans notre secteur dissimule à n’en pas douter un certain malaise économique : comment ne pas faire un lien entre la saturation du nombre d’activités, la perte de 3 600 emplois en 2 ans et le fait qu’aujourd’hui, 48 % des activités de coiffure ne comptent aucun salarié !

L’entreprenariat est aujourd’hui pour partie une solution permettant de créer son propre emploi, mais dans un contexte économique aussi atone, il reste un pari osé et la pérennité des projets demeure fragile.

 

Qu’en est-il des reprises d’entreprise ?

Compte-tenu du grand nombre de départs à la retraite, on aurait dû assister à une explosion des reprises de salons de coiffure. Cependant, le boom si attendu n’a pas eu lieu. Malgré une légère embellie avec 1 758 reprises, qui retrouvent le niveau de 2009, les reprises ne représentent que 18,4 % des immatriculations totales.

Diverses explications peuvent être avancées sans toutefois être pondérées : les salons à reprendre situés en milieu rural ou en zone périurbaine sont parfois dotés de locaux vieillissants et de matériel obsolète, devenant alors parfois difficiles à transmettre. A contrario, si l’emplacement commercial est bon, alors la vente du fonds peut s’opérer au profit d’une autre activité. Par ailleurs bien que le taux de couverture du financement bancaire soit plus élevé dans le cas d’une reprise (près de 90 % du coût d’installation contre 50 % en moyenne pour les créations pures), la création d’entreprise reste mieux financée en matière d’aides et de subventions. Enfin, les gérants n’ont pas toujours bien préparé leur transmission.

 

Un secteur qui emploie 110 000 salariés

En attendant la publication des chiffres 2011 (début octobre 2012), et compte tenu de ce qui précède, la tendance observée depuis 2 ans devrait hélas perdurer. En effet, rappelons que cela fait 2 ans que nous constatons la perte de quelques 1 800 postes par an, soit 3600 sur 2 ans. On comptabilisait en France métropolitaine et Outre Mer 110 151 salariés en 2010 (chiffre provisoire UNISTATIS 2010).

Depuis 2 ans, la part des établissements sans salarié progresse significativement, impact indéniable des créations sans salarié notamment sous le régime de l’auto-entreprenariat. Dans ces très nombreux établissements sans salarié, les entrepreneurs créent ainsi leur propre emploi.

Globalement le nombre d’établissement employeurs se maintient aux alentours de 37 500, ce qui fait chuter la proportion d’établissements employeurs ainsi que les effectifs moyens par salons employeurs : la moyenne de salariés par établissement employeur est en effet passée de 3,01 en 2006 à 2,91 en 2009 et se situait en 2010 à 2,8.

La conjoncture difficile et l’augmentation du nombre d’établissements contraignent les salons à adapter leurs effectifs depuis 2 ans. Deux années au cours desquelles le réajustement s’est opéré par une diminution globale de 3 600 postes.

Depuis 2009, le nombre de demandeurs d’emploi progresse significativement. Avant cette date, ce nombre se situait selon les années aux alentours de 24 à 25 000, ce chiffre progresse depuis. Avec +12 % entre 2010 et 2011, il dépasse les 37 000 demandeurs d'emplois en fin d’année 2011.

Parallèlement, les offres enregistrées par Pole Emploi ne progressent plus que de 2 % en 2011 alors que la précédente progression tendait à compenser l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi. Si  Pole Emploi ne recense pas l’exhaustivité des offres, la tendance observée est nécessairement à prendre en compte.

De même, l’enquête BMO 2012 (Besoin de main-d’œuvre : étude menée chaque fin d’année afin de recenser les intentions d’embauche pour l’année suivante) indique à nouveau une baisse des intentions d’embauche. Cette enquête révèle également que 61,6 % des projets de recrutement sont jugés difficile par les employeurs alors que ce chiffre, déjà très élevé sur la précédente enquête de 2011, était de 51 %.

Cela signifie en effet qu’il y a une inadéquation importante entre les demandeurs d’emploi inscrits en coiffure et leur employabilité et que ce décalage tend à s’amplifier. A noter que Pôle Emploi classe dans la catégorie "maîtrise confirmée" du métier environ 18 % des demandeurs d’emploi, lesquels rappelons-le, ont toute liberté de s’inscrire sans qualification, ni expérience.

Ceci doit nécessairement conduire à la mise en place de dispositifs (de type POE : Préparation Opérationnelle à l’Emploi) permettant aux plus motivés d’entre eux d’apprendre le métier ou de se perfectionner dans leurs acquis afin d’augmenter leur chance d’insertion et ainsi répondre aux besoins réels des entreprises qui ne peuvent jouer l’approximation : on ne confie la tête d’un client qu’à un collaborateur dument formé aux techniques du métier !

Sources : exploitation, analyse et traitements statistiques UNEC des fichiers SIRENE, UNISTATIS, PÔLE EMPLOI (DESP, BMO), Ministère de l'éducation nationale.

 

La coiffure, deuxième grand secteur de l'artisanat en matière d'apprentissage

Avec 22 571 apprentis (rentrée scolaire 2010/2011) et 10 008 élèves sous statut scolaire (rentrée 2011/2012), la coiffure est très investie dans la formation des jeunes. En termes de formation et pour être complet, il convient également d’ajouter à ce chiffre les quelques 3 000 contrats de professionnalisation en cours en 2011.

Le nombre d'apprentis en cours de formation poursuit la baisse amorcée depuis la rentrée scolaire 2006/2007 : avec - 2,9 % par rapport à la précédente rentrée (tendance en tout point identique à celle d’il y a 2 ans).

Pour la formation s’exerçant par voie scolaire, le nombre d'élèves en cours de formation poursuit également la baisse amorcée depuis la rentrée scolaire 2007/08 : - 0,8 % en termes d’effectifs. Cette baisse est moins forte qu’il y a 2 ans où elle avait atteint - 3,3 %.

Si la coiffure ressent, à l'instar d’autres secteurs, les effets négatifs de la crise, la baisse des effectifs est également due au creux démographique des générations cibles et constitue en même temps une variable de réajustement à la baisse des emplois : la perte des 1 800 emplois en 2009 et 2010 inclut environ 700 contrats d’apprentissage chaque année.

Avec plus de 37 000 jeunes en cours de formation (apprentis, élèves et contrats de professionnalisation), la coiffure demeure un métier qui attire, permettant à ces jeunes d’accéder rapidement à un emploi, et demain, à l’entreprenariat dans le cadre d’un cursus complet allant du niveau V (le CAP) au niveau III (le brevet de maîtrise), en passant par le Brevet professionnel de niveau IV.